Y a-t-il encore une vérité aujourd’hui ? Le relativisme de plus en plus présent dans nos sociétés post-chrétiennes, y compris jusque dans l’Église, relègue les principes moraux fondamentaux au rang de dogmes dépassés voire à abattre. Ainsi, au motif que tout se vaut, la défense de la vie des enfants ne vaut plus autant qu’hier dans la conscience collective. Certes, la chose n’est pas nouvelle et de tous temps, l’homme a été capable des pires massacres. Mais la nouvelle barbarie qui se généralise actuellement n’a pu trouver une sorte de légitimité que parce que la société a accepté l’idée que rien n’est absolu. Pas même la vie humaine.
L’actualité récente illustre cette dérive : le 25 octobre dernier, une mère a tué son fils de trois ans parce qu’elle ne pouvait accepter que l’enfant ne puisse jamais marcher seul. Une semaine avant, une mère qui avait étranglé son fils handicapé a été condamnée à un an de prison avec sursis. De tels faits ne sont plus exceptionnels. La société semble, à défaut de l’accepter pleinement, tolérer le crime par « compassion ». Parfois, elle
applaudit les meurtriers, pensant les consoler, sans se rendre compte de toute la portée de ce soutien, véritable négation de la victime et des victimes à venir. Déjà, en 2001, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) introduisait cette notion de tuer «
par compassion » pour les malades en fin de vie, notion largement sollicitée depuis dans les drames instrumentalisés (Vincent Humbert et Chantal Sébire par exemple)
Relativiser semble, a priori, sage : on évite les conflits. Mais toujours s’impose une idée, en général la plus médiatisée. Elle s’impose parce que les médias, certains politiques ou des lobbies jouent sur les émotions. Comment ne pas autoriser les personnes qui souhaitent mourir à « bénéficier » d’une euthanasie ? Au nom de quoi ne pas autoriser les personnes homosexuelles à adopter des enfants ? Ou pourquoi ne pas autoriser la pratique des mères porteuses ? Le fruit semble bon à croquer, la science définit le Bien : ce qui est techniquement possible
devient moralement juste.
On réduit l’humanité à l’individu et comme nous le rappelle la Bible dans le Livre des Juges (ch.17 v.6), chacun fait ce qui lui semble bon, c’est-à-dire plus simplement qu’il n’y a plus de principes forts. L’individualisme devient la mesure du possible… et du juste. Dès lors, toutes sortes d’exigences peuvent être formulées. Or y faire droit c’est nier la société qui en subira les conséquences : le suicide assisté, par charité, est aujourd’hui
quasiment imposé à certains malades dans l’état de l’Oregon aux USA. Tout partait pourtant – officiellement - d’un « bon sentiment ».
La Bible nous donne des principes opposés au relativisme. Dans le Décalogue par exemple (Exode ch.20), le premier commandement est la garantie de la force des autres : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi. » Le caractère absolu de ce commandement garantit les autres, presque tous définissant notre relation à l’autre, car les principes de respect d’autrui ne sont pas relatifs, mais rattachés à l’unique transcendance divine. Il n’y a pas d’être équivalent à Dieu, les commandements qu’Il donne n’ont pas de concurrence. Ils ne peuvent être placés dans une perspective relativiste. Et tant mieux, car ils permettent la vie en société, via le respect d’autrui, que cet autrui soit le conjoint du prochain (l’adultère est situé entre le vol et le meurtre) ou les parents qu’il faut honorer dans leur vieillesse et non faire euthanasier. Et cela est valable que l’on soit croyant ou non.
Une société qui oublie Dieu peut-elle encore défendre la vie humaine à tous ses stades ? Il existe des gens de bonne volonté parmi ceux qui ne sont pas chrétiens, et il ne s’agit pas pour le chrétien de se considérer comme meilleur que les autres ; mais sous la puissance du relativisme, ce qui est juste ne finit-il pas par sembler mauvais, dérangeant au point que la vie humaine ne soit plus considérée comme infiniment digne ? Il n’y a pas de relativisme lorsque Jésus-Christ affirme ce principe qui dérange tellement aujourd’hui : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nul ne vient au Père que par moi » (Ev.de Jean 14 v.6). Il replace chacun, croyant ou non, pour nous même et la société toute entière devant un choix de vie ou de mort : « J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance. » (Deutéronome 30v.19) Choisis la vie !
Daniel RIVAUD
Délégué général
du Comité Protestant
évangélique pour la Dignité Humaine
www.cpdh.info
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