Je crois qu’un être humain peut, en tant que chrétien, changer miraculeusement ; je crois, et j’ai vérifié, que l’expérience spirituelle de la repentance provoque des changements heureux et radicaux. Mais je crois aussi que ce que Jean le Baptiste déclare à propos de cette expérience reste tout à fait d’actualité : « Produisez donc du fruit digne de la repentance » (Évangile selon Luc 3.8) !
S’il est vrai que personne ne peut produire une « repentance » version light à la sauce humaine ou religieuse (au mieux nous sommes tout juste capables de culpabiliser les autres) — seul Dieu donne la repentance — il est tout aussi vrai que nous n’avons pas à fabriquer des fruits, mais qu’ils vont apparaître d’eux-mêmes dans le cadre de notre vie !
Alors j’en reviens à mon titre ! Avant de me chanter « O lapidé » sur un rythme gospel, je souhaiterais que quelques-uns de mes lecteurs réfléchissent avec moi à ce qui suit. Lorsque le péché, sous quelque forme qu’il se présente (adultère, homosexualité, vol, crime, mensonge, critiques etc.) a détruit la vie d’un être humain, ainsi qu’en grande partie la vie de ceux qui l’entourent, et qu’on nous affirme qu’il s’est repenti, quels fruits sommes-nous en droit d’attendre ?
D’abord, moi je veux croire à la repentance d’un homme ou d’une femme tombés ! Et ce sans aucune restriction. Mais qu’il y ait au moins quelques fruits prouvant la sincérité de l’expérience de repentance, n’est-ce pas ? Serai-je devenu exigeant à outrance ?
Quand un adultère évoque la volonté divine pour quitter sa femme, son travail, sa région afin de ne pas devoir assister à la révélation publique de son péché, et qui après va prétendre se repentir, c’est peut-être de la repentance aux yeux de certains, mais alors, moi, je m’appelle sœur Theresa ! Le mensonge n’est pas uniquement une affaire de paroles, c’est d’abord une attitude de cœur ! Et dans un cas comme celui que je viens de citer, il s’agirait de repentance ? Mais la couleuvre est un peu grosse à avaler ! Cet homme est un gros malin, qui cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Il n’y aura que les sentimentaux de service pour se laisser berner !
Mais au fond, est-ce si grave ? Eh bien oui, parce qu’une personne s’installant dans ce genre de situation, retombera à nouveau, fatalement, et fera à nouveau souffrir d’autres autour de lui !
Aujourd’hui, certains nous prennent pour des imbéciles, d’autres ont compris qu’avec quelques larmes bien amenées ils peuvent retourner la situation à leur avantage. S’il n’est surtout pas question de dureté pour la dureté, n’est-il pas normal d’attendre un minimum de fruits liés à une authentique expérience de repentance ? Si une épouse trompée entend la repentance de son mari, mais que ce dernier demande le divorce et se remarie dans les mois qui suivent, on peut douter sérieusement de la profondeur de son expérience.
Alors, non ! Le mensonge n’est pas le premier signe extérieur de la repentance ; c’est surtout le premier signe que rien n’a changé chez celui qui le pratique et que malheureusement, tôt ou tard, tout recommencera !
Ne devenons pas un peuple insipide, sans pour autant être dur, cruel, ne devenons pas mou pour autant ! Si le christianisme a toujours plus besoin de miséricorde et de compassion, ce n’est pas sur le chemin de la compromission qu’il les trouvera, mais sur celui, bien délaissé aujourd’hui, de la sanctification.
Samuel Foucart
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